lundi 10 octobre 2011

Festival national des danses traditionnelles du Bénin «Ségan» : L’édition 2011 bénéfique pour Orou Amina

L’institut français de la ville de Parakou a abrité les manifestations marquant la deuxième édition du Festival national des danses traditionnelles du Bénin « Ségan». C’était le 01er octobre dernier dans une ambiance particulière de joie que «Orou Amina» a remporté le premier prix de cet évènement en présence de plusieurs invités.
«Un trophée, une moto Djènana et d’importants lots ».Tel est le prix qui a couronné les efforts de « Orou Amina» durant les différentes phases du Festival national des danses traditionnelles du Bénin «Ségan». Avec abnégation et dextérité la danseuse, «Orou Amina» du département du Borgou est parvenue à prendre le dessus de la compétition devant 11 candidats.

Ces derniers ont su également s’illustrer à travers la valorisation des danses en lice. Après plusieurs passages des danses telles : Hada, Zolari, Agbotchébou, Zandro, Akoto-Zinli et Gogbahoun, majestueusement exécutés par les différents candidats, «Orou Amina» se positionne 01ère de la compétition. Elle est suivie de Sare Rachidath de la Donga. Sinsin Janvier du Zou et Mahoudé Léocadie de Littoral ont décroché respectivement le 03ème et 04ème prix de la compétition.

Le département de l’Atlantique est positionné 05ème avec Amoussou Philippe tandis que l’Ouémé revient à la charge avec le 06ème rang sous la houlette de Fagnihoun Stallone. Tossou Gilbert du Couffo et Tohan Crespin des Collines occupent respectivement les 07ème et 8ème place de la rencontre. La 09ème position est revenue à Sokenou Amandine du Plateau tandis que la 10ème place est accordée à Odjo Sourou Antoine du Mono. Yombo Agnèce de l’Atacora et Sagbohan et Wianso Djima de l’Alibori ont occupé la 11ème et 12ème place de la compétition. A noter que Sinsin Janvier a remporté le 3è prix à travers un réfrigérateur. Sare Rachidath de la Donga a empoché le 2è prix composé d’un ordinateur portable de marque Compaq. La 4è et le 5è partent avec un téléphone portable chacun.
La soirée a connu la touche des artistes chanteurs et humoristes tels que : Awilo de Boukoumbe, Siba Franco Junior (les deux ont évolué en live) ; Féli star, Petit RIG et Aziz Touré ont évolué en playback. Humoristes de la soirée : le duo Akouèdjo et Hom Télé. Très festive, la soirée a connu la participation active de plusieurs personnalités telles que : Dpac, représentant du maire de Parakou ; 2è Adjoint au maire de Bohicon délégation, Ddcaat Ouémé Plateau, Borgou Alibori, D/Bubedra et le Pca / Bubedra. Les membres du jury composés de Marcel Zounon Président ; Mama Worou Théodore Ddcapln Atacora Donga et Léonie Ibikounle (Dpac) ont joué leur partition à travers une proclamation satisfaisante au goût du public. Le comité d’organisation a remercié le Rejac, le maire Luc Atrokpo qui a offert la moto du premier prix et des fournitures scolaires à tous les finalistes. Le ministère de la culture, le Fonds d’aide à la culture, la Dpac, les jus de fruits Xana, le Port Autonome de Cotonou ont soutenus l’événement. Une soirée de restitution des acquis de l’édition 2011 sera organisée dans quelques jours au Palais des Congrès de Cotonou.

Par Rodéric Dèdègnonhou

Tournée internationale de l'ensemble artistique et culturel «Towara» : Le Bénin placé sur orbite de la danse au Bésil


Le directeur de l’ensemble artistique national (Dean) Marcel Zounon a donné une conférence de presse afin de faire le point de la tournée internationale qu’il a effectué du 21 juillet au 24 Août dernier sur Brésil au nom de l'ensemble artistique et culturel «Towara». C’était hier mardi dans son domicile sis au quartier « Agla » de Cotonou.

« Valoriser les valeurs endogènes du Bénin à travers les danses sur le plan national et international ».Tel est le principal objectif de l'ensemble artistique et culturel «Towara» que préside Marcel Zounon. C’est répondre à cette impérative que des membres l'ensemble artistique et culturel «Towara» ont effectué une tournée internationale du 21 juillet au 24 Août dernier au Brésil sur invitation.  A en croire Marcel Zounon, cette tournée internationale a été une opportunité aux douze 12 danseurs béninois participants de s’affirmer autrement à travers le répertoire de danses endogènes exposées aux festivaliers de Brazil. Il s’agit entre autres des danses telles que : les danses de Sakpata, Guèlèdè, Hêbiosso, Togba, Atchinan et Bélékété. Pour le conférencier, ce plateau de danses a été offert aux publics brésiliens avec la participation de l’ambassadeur du Bénin près du Brésil M. Isidore Monsi.  Hormis les cours de danses béninoises dispensés aux brésiliens et la visite des sites touristiques dans plusieurs villes à savoir « Orisha, Tereïro, Soa George, Nova Prata » organisés à cet effet, la délégation béninoise a eu le privilège de célébrer les festivités du 51ème anniversaire de l’indépendance du Bénin avec les béninois résidents au Brésil sous la houlette de M. Isidore Monsi. Des contacts ont été noués avec des autorités de l’université de Caceres du Brésil afin de permettre à l’université d’Abomey Calavi de disposer d’une usine de fabrication des produits à exploiter. Pour conclure Marcel Zounon a fait noter que le directeur du festival M. Gustavo a promis de donner un satisfécit au président de la république, le docteur Boni Yayi pour son engagement de rendre plus accessible l’éducation à tous les béninois ; gage du développement d’une nation.

Par Rodéric Dèdègnonhou

mercredi 13 avril 2011

Interview de Idrissou Mora Kpai, cinéaste béninois :« ... On a confisqué ma caméra et d’autres matériels du travail malgré la présentation de l’autor

Depuis 24 ans qu’il réside en Allemagne, Idrissou Mora Kpai n’a jamais cessé de révolutionner le cinéma africain et précisément béninois sur le plan mondial. Et ceci, à travers ces nombreuses réalisations qui hissent le Bénin au palmarès du septième art dans plusieurs pays de la planète. Séjournant au bercail depuis quelques semaines, Idrissou Mora Kpai fait ici un tour d’horizon sur les motivations de sa venue au Bénin sans occulter de donner des directives efficaces pour asseoir une industrie cinématographique. Interview. Comment êtes-vous parvenu à retracer une carrière de cinéaste ? « C’est un long parcours. Brièvement, j’ai pris le chemin classique à travers le processus des études sur le cinéma. Je suis sorti d’une grande école du cinéma en Allemagne. Mais avant cela, j’avais essayé de réaliser des films dans la nature comme tout le monde. A côté de mes études, j’ai étudié la civilisation américaine à l’université de Berlin. Pendant mes études je faisais beaucoup de films comme des jeunes. Voilà comment je suis devenu cinéaste ». Est-ce un choix par conviction ou par la force des choses ? « Alors, ce n’est pas, par la force des choses. C’est vraiment une conviction. On choisit d’être cinéaste quand on a des choses à dire ou à raconter. Parce que, faire de films, c’est de raconter des histoires. Moi, j’avais cette envie de raconter des histoires et il y a plusieurs manières de le faire. Soit on choisit d’être romancier, littéraire ou de faire des films. Donc, j’ai choisi de faire des films pour raconter des histoires. J’estimais que j’avais à raconter » Vos réalisations ambrassent quels genres de films dans le répertoire cinématographique. « Vous savez, quand on est cinéaste on l’est tout court. C’est l’idée qui détermine le genre. Après mes études, j’ai fait un premier long métrage documentaire. Un suivant est venu et puis un troisième. Le quatrième est en cours. Pas, parce que j’ai envie de faire uniquement de documentaires, j’ai aussi des projets de fictions. Ces projets de fiction sont difficiles à monter en matière de financement. Ce n’est pas les idées qui manquent mais il y a aussi le problème de volonté politique. Les documentaires sont beaucoup plus faciles à monter. Cela ne veut pas dire qu’ils sont faciles à faire mais faciles à monter financièrement. J’ai jusqu’ici réussi à monter tous mes projets de documentaires tout en travaillant sur mes projets de fictions et en espérant qu’un jour l’Afrique ou mon pays le Bénin comprendra l’importance du cinéma afin de mettre les moyens à nos dispositions pour réaliser des films. Il est temps qu’on entre dans cette compétition universelle. Puisque le cinéma est un art important pour le développement économique et social d’une nation ». Avez-vous eu l’opportunité de décrocher des trophées à travers vos réalisations ? « Les trophées !!Ce n’est pas ce qu’il y a de plus important dans le cinéma. L’important, c’est de raconter des histoires et d’avoir des spectateurs, afin d’écouter ce qu’on veut dire. Oui, les trophées, j’en ai eu beaucoup. Je ne peux pas les citer tous. Mais j’ai eu deux fois de suite le prix « Bayard d’Or du film francophone » et le prix TV5 à Namur en Belgique, le prix du meilleur documentaire au festival tricontinental de Milan en Italie, le prix du meilleur documentaire à Tarifa en Espagne etc ... Mon dernier prix est celui du Fespaco édition 2011 dans la catégorie documentaire. En occident, j’ai eu une vingtaine de prix et des prix à travers le monde. Moi j’estime que les prix ne sont pas importants ; il suffit de faire passer le message. Le prix peut aider le message à être facilement entendu par les spectateurs. Mais si les circonstances nous obligent à participer aux festivals, moi, je ne suis pas dans l’idée d’une compétition. Que mes réalisations soient vues et connues de tout le monde, c’est le plus important selon moi. Ce qui est dommage en Afrique et surtout au Bénin, mes films sont très peu connus. Il y a d’abord le problème général de documentaire qui n’est pas connu au Bénin. Puisqu’on confond le documentaire au reportage télévisuel. Le documentaire, c’est la partie intellectuelle du cinéma. Il raconte l’histoire avec un point de vue, et des personnages. La différence entre le documentaire et la fiction est qu’ici, on parle du réel. C’est la situation contemporaine de nos sociétés et ses conflits. Moi, je me suis particulièrement intéressé à la situation postcoloniale du continent comme thème d’inspiration. Pour moi, on ne peut pas séparer les problèmes africains actuels de l’héritage colonial. Je prends l’exemple de mon avant dernier film « Arlit deuxième Paris » que j’ai tourné dans les mines d’uranium au Niger. Ce film parle de l’exploitation sans scrupule des travailleurs par les multinationales occidentales. Il montre les conditions inhumaines de travail, et s’en prend aux relations inéquitables entre le Nord et le Sud. Le pétrole, l’or, le diamant et l’uranium sont puisés dans nos sous –sol mais en retour le continent reçoit de la miette. Nous demeurons le continent le plus pauvre au monde. Nous enterrons nos morts pour des banalités, des maladies les plus banales tuent nos concitoyens. Voilà le Niger ; qui est l’un des pays le plus pauvre au monde, fournit 40% de la capacité française en uranium, à travers la société « Areva » l’une des multinationales les plus puissantes et les plus bénéfiques au monde. Je dénonçais à travers ce film, un peu cette relation « injuste » entre le nord et le sud. Mon dernier film parle de la guerre d’Indochine à la quelle les africains ont participé. Cette guerre a laissé de traces en Afrique et dont on parle très peu. Au fait, j’ai raconté l’histoire des métis « africains –vietnamien » nés au Viêtnam et rapatriés à la fin de la guerre en Afrique. Certains ont été adoptés par des officiers africains. Au Bénin, nous avons le cas de la famille « Soglo » et d’autres. Je montre comment l’histoire de ces gens s’entrecroise avec l’histoire de nos parents qui sont allés faire la guerre. C’est aussi une belle histoire africaine. Si vous voulez, quand on voit ces enfants, on les traite d’extra-terrestres, des personnes dont on doute des origines; parce qu’ils sont métisses. Ils sont mal acceptés comme des enfants africains. Tout simplement, parce qu’on ne connaît pas leurs histoires. C’est pourtant nos frères, les enfants de nos cousins, de nos oncles et de nos grands parents ; qui sont revenus chez eux. Ils sont là aujourd’hui avec nous, mais leur histoire n’a jamais attiré la curiosité ou l’attention des béninois et des africains. Donc j’ai voulu à travers ce film faire connaître l’histoire de nos voisins, de nos amis qu’on voit tous les jours sans savoir que leur histoire est liée aux nôtres » Quelles sont les raisons de votre séjour au bercail ? « Je suis venu tourner un documentaire axé sur la vindicte populaire au Bénin. Un film que je fais avec beaucoup de difficultés. L’administration me met des bâtons dans les roues. C’est vraiment dommage. Dans les pays ; qui connaissent la valeur de ce que nous faisons, on nous faciliterait le travail. Moi, je reviens de Viêtnam où j’ai tourné mon dernier film. Je vous jure que ce n’est pas mon pays mais j’ai juste envoyé le synopsis du film au ministère des affaires étrangères du Viêtnam. Ils ont évalué mon scénario. Ils trouvaient que c’était important que cette histoire commune qu’on a entre le Bénin, l’Afrique et le Viêtnam soit racontée. Et rien que ça m’a ouvert les portes. J’avais un fonctionnaire qui m’accompagnait permanemment, les permis de séjours et les autorisations du tournage m’ont été délivrés par les autorités du ministère des affaires étrangères de Viêtnam. Je n’ai pas couru pour faire ces démarches malgré que ; je ne sois pas un vietnamien. Jusqu’à la fin du tournage, j’avais le droit d’entrer n’importe où au Viêtnam jusqu’à consulter les archives militaires. Je reviens dans mon propre pays, le Bénin, j’ai besoin des images du palais de la justice. J’emmène mon équipe du tournage au palais de la justice pour filmer les images. On a confisqué ma caméra et d’autres matériels du travail malgré la présentation de l’autorisation du ministère de la culture. Alors que cette autorisation me donne le droit de filmer sur tout l’ensemble du territoire national. Je rencontre le président du palais de la justice ; qui naturellement est très furieux contre moi ; ayant estimé que je dois l’avertir avant de filmer les images de mon documentaire. J’aurais dû évidemment lui présenter l’autorisation avant le travail. Mais cette autorisation après présentation n’a pas suffi. J’étais obligé de demander une nouvelle autorisation au niveau du tribunal ; qui ne m’a jamais été accordée jusqu’ici. La semaine prochaine, je repars en Allemagne ; parce que le temps que je dispose est épuisé. Donc, je pars sans réaliser le film que j’ai envie de faire. Parce que mes compatriotes m’ont mis les bâtons dans les roues. Voilà encore des choses qui entravent le développement d’un pays en occurrence le cinéma. Et cela se passe dans mon pays !!! Que sera-t-il dans les autres pays africains ? Ecoutez, je peux filmer à Berlin sans difficultés. Idem pour Paris et certains pays de l’Europe. Malgré que ces pays ne sont que des pays d’adoption ». Que voulez-vous dénoncer à travers ce documentaire ? « Il s’est développé ces dernières années au Bénin, un phénomène que j’estime atroce. C’est le fait de massacrer un petit voleur ; parce qu’il a peut-être volé une tubercule d’igname ou un sac de maïs .Il mérite qu’on le brûle vif en présence des enfants et des femmes. On ne lui donne même pas une chance de s’exprimer ou d’être jugé. C’est ce phénomène ; qui m’a particulièrement interpelé. Il mérite d’être raconté ou dénoncé. C’est un crime que j’estime populaire contre lequel les autorités sont à mon avis restées passives. Elles disent qu’elles font des choses, mais ce phénomène se répète tous les jours. De petits voleurs et même des innocents, des gens sur la base de rumeurs sont lynchés et brulés publiquement. Des pauvres types et parfois des innocents sont tués par des foules en colère. C’est ce sujet que je traite en faite. Je me questionne, je suis en train de rechercher les motivations de nos compatriotes; ce qui pourrait expliquer ces agissements de notre population paisible. Comment une population, aussi paisible peut d’une minute à l’autre devenir violente ; pour supprimer une vie sans que rien ne se passe et que cela ne choque. Et aussi, comment est-ce que les acteurs des médias peuvent publier des images aussi atroces de corps à moitié carbonisés d’êtres humains qu’ils traitent d’ailleurs de malfrats, car ces mots reviennent toujours dans les articles de presse que je lis au Bénin. Un malfrat, c’est quelqu’un qui est jugé dont on estime coupable. Ces pauvres gens victimes n’ont jamais été jugés par un tribunal agrémenté alors qu’ils sont traités de malfrats. Il s’agit également de voir, dans quel sens va notre moralité puisque ces crimes sont commis en présence des enfants et des femmes. C’est indirectement des violences qui se perpétuent comme ça sans que personne ne se questionne. Voilà le but du sujet que je traite à travers ce documentaire ». Quelle lecture faites-vous du cinéma béninois ? « C’est vrai qu’on aime utiliser ce terme. Pour moi, le terme du cinéma béninois n’existe pas. C’est pareil pour le terme « cinéma africain ». Alors on parle d’un cinéma national, s’il y a une volonté politique derrière et une école qui assure la transmission. Pour moi, il n’existe pas au Bénin, ni des structures ni des institutions nécessaires à la promotion d’une cinématographie nationale. Pour l’instant, le cinéma fait par les béninois, c’est peut-être l’expression que je peux utiliser est un cinéma désordonné. C’est des cinémas de jeunes qui se débrouillent seuls dans leurs petits coins. Il n’y a pas d’inspiration réciproque. Il n’y a pas de techniciens qui travaillent avec les auteurs. Il n’y a pas une institution ou des intellectuels qui lui donnent une orientation canalisée. Donc, on ne peut pas parler du cinéma béninois mais plutôt du cinéma fait par des jeunes béninois. Dans ma façon de faire des films outre le fait que je suis béninois, on y retrouve rien d’autre de béninois, peut-être la sensibilisation béninoise que j’apporte à mon travail. Parce qu’il n’y a ni l’argent béninois, ni technicien béninois, ni penseur béninois autre que moi. Alors, comment peut-on parler du cinéma béninois ? Mais bon, je défends quand même cette nationalité à travers le monde. Je fais le tour du monde en tant que cinéaste béninois, en espérant qu’un jour les autorités de mon pays prendront conscience de la valeur du cinéma. La cinématographie française existe parce qu’il y a d’abord un fonds d’aide à la cinématographie nationale géré par le CNC (Centre National de la Cinématographie). Ce centre définit aussi la politique cinématographique du pays et réfléchit sur les nouvelles orientations à prendre. En France, Il existe une école, une tradition et une transmission d’une génération à l’autre. Tout cela est accompagné par une volonté politique. C’est un circuit qu’on ne retrouve pas chez nous. Par exemple, nous sommes incapables de réaliser une fois par an un long-métrage digne de nom. Contrairement à nous, pays du sud du Sahara, des pays de l’Afrique du Nord tels que le Maroc et la Tunisie font de grands efforts en matière de production cinématographique. Ces pays disposent chacun d’un super Centre National de Cinématographie en se donnant des objectifs de financer sur fonds propre deux à trois films par an. Et ça marche… Pour moi, le cinéma et la vie s’inspirent réciproquement. Surtout le cinéma documentaire… C’est du réel, un art qui témoigne de l’état du monde alentour, de ses problèmes mais émet aussi des propositions de solutions. Principalement au Bénin, on a souvent pensé que le cinéma coûte cher et qu’on n’en a pas les moyens. Le Maroc ou de la Tunisie, met 300 à 400 cent mille Euros par film et produit trois à quatre films par an, à travers le Centre National de la Cinématographie. Cet effort n’est pas impossible au Bénin lorsque je vois des véhicules hauts de gamme circulés dans la ville. Mieux, on constate des maisons à étage qui poussent un peu partout dans le pays. De ce fait, les moyens sont là et existent au Bénin. Seulement le cinéma n’est pas une priorité pour les autorités de ce pays. Je pense qu’ils se trompent. Car, il faut donner priorité à tout pour construire un pays moderne. » Ne pensez –vous pas que cette responsabilité est partagée dans la mesure où les acteurs culturels ne font pas un lobbying en direction de l’Etat ? « Pression des acteurs culturels envers le gouvernement ? Je dis non. Bien sûr que cela peut marcher s’ils s’organisent. Combien sont-ils ces artistes ? Est-ce qu’on les prend au sérieux ? D’abord, il y a tellement d’amalgame au Bénin entre spécialistes de quelque chose et l’artiste ou les artistes. J’ai l’impression qu’ici, les artistes ne sont pas pris au sérieux. Tout simplement qu’il en a de trop et qu’on mélange tout. Au lieu de se distinguer, nous n’assistons pas à cela au Bénin. Il faudrait que chacun occupe spécifiquement de son domaine. C’est-à dire que le peintre doit se focaliser sur les tableaux, les musiciens sur la musique, les hommes de théâtre dans leur domaine ….bref chacun doit se sentir à l’aise dans son domaine. Mais quand le mélange est au beau fixe, cela veut dire que les artistes n’ont plus de valeur. Nous sommes dans une culture où l’artiste est très mal vu d’ailleurs. C’est –à -dire que les artistes sont vus comme des gens qui ne veulent rien faire ou des gens qui veulent réussir facilement. Quelque part, la société a raison car les autoproclamés « artistes » sont le plus souvent des déscolarisés. Je n’ai pas honte de le dire. Alors, je ne dis pas qu’un déscolarisé ne peut pas devenir un bon artiste. Il existe des déscolarisés qui sont des talents parce qu’ils ont fait l’apprentissage ou ont un don. J’ai l’impression que ceux qui n’ont pas de talents sont plus nombreux que ceux qui l’ont réellement. Il faut qu’on se dise la vérité. Avant d’être spécialiste de quelque chose, l’apprentissage est nécessaire. Au Bénin, les gens ne savent pas qu’avant d’être cinéaste, il y a des écoles supérieures à fréquenter. C’est aussi pareil pour les autres disciplines de la culture. Donc, le fait de tout mélanger est la raison pour laquelle les gens ne nous prennent pas au sérieux. Non seulement la rue mais aussi ceux qui nous dirigent. Le problème qu’on a au Bénin se résume au savoir faire. Ce n’est pas comment on finance. Il faut de vraies écoles. Il y a des écoles supérieures en matière du cinéma qui poussent au Bénin. Je ne pense pas que cela soit la bonne façon. Il faut une école plus sérieuse et peut-être affiliée à l’université. La plupart des pays sérieux le font déjà. En Afrique, si nous prenons le cas de Kenya, il a y une seule école du cinéma ; qui est affiliée à leur université. C’est après cela qu’on nous prendra au sérieux, on saura qu’on fait aussi des études et qu’on a aussi un niveau intellectuel. Ceci va témoigner que nous ne sommes pas des bandits comme on ont l’habitude de considérer les artistes ici ». Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou Journaliste à l’Agence Bénin Presse (ABP) Journaliste culturel et webmaster du journal privé « Nokoué » www.abp.gouv.bj www. quotidiennokoue. Com www. Africine.org

jeudi 17 mars 2011

Interview de « Yvette Israël Kouamé », présidente de l’Ong « Louange des nations »: « La pluie de ce jour a purifié le Bénin de toute sorte de mauvai

Artisane de paix, Yvette Israël Kouamé, présidente de l’Ong « Louange des nations n’a jamais cessé de se battre pour accomplir les missions de Dieu à travers ses nombreuses dans plusieurs pays du monde. Elle a organisé en Février dernier, deux jours d’intenses prières de paix en marge des élections présidentielles du Bénin. Yvette Israël Kouamé, à travers cette interview revient sur cette organisation.
Quelles sont vos impressions, quand la 01ère journée des prières été perturbée par une forte précipitation ce 18 février dernier ? « Je dirai plutôt que le pari a été gagné. C'était quelque chose de positif. Cette pluie qui s’est abattue a été une bénédiction pour le pays. Il faut avoir un entendement spirituel pour comprendre que la pluie du vendredi 18 février a nettoyé le sol du Bénin et plus particulièrement le sol de Cotonou. Les autels maléfiques qui y ont été bâtis, les incantations, les libations, les imprécations et les malédictions ont été tous nettoyés. Le premier jour, vendredi, malgré cette pluie battante, les fidèles se sont mis à genoux. Dès les premières gouttes de pluie, les gens se sont prosternés sans que quelqu’un le leur demande. Je dis bravo au chantre Sem Dossou qui a tenu le peuple de Dieu en haleine avec sa trompette, cette partie a été très pathétique. En effet, à cause de la pluie, il n’y avait plus d’électricité. Nous avons travaillé sans sonorisation et sans micro. Le peuple a répondu massivement à ce rendez-vous. Nous avons "fait Jéricho" autour de la place et au septième tour, nous avons proclamé la victoire du Seigneur Jésus-Christ sur le Bénin. Nous avons proclamé la Seigneurie du Christ sur le Bénin et des paroles prophétiques sur le Bénin. Ce "Jéricho" était une victoire totale sur ceux qui voulaient que le Bénin traverse une période de trouble. Nous avons fait la repentance pour toutes les couches de la population et tous les secteurs d’activité. Nous avons prié pour l’Unité du Corps de Christ au Bénin. Nous avons par ailleurs, prié pour les quatorze candidats, avec une ferveur particulière pour le Chef de l’Etat toujours en exercice. Car la paix au Bénin dépend en grande partie de lui et de sa sagesse. En effet, il faut de la sagesse pour conduire les élections. Nous avons proclamé la prospérité sur le Bénin afin que les investisseurs viennent à flot dans le pays. La repentance a été faite sur la base de Jérémie chap. 5 verset en remplaçant à chaque fois Jérusalem par Bénin. S’il existe un seul homme juste qui intercède à Cotonou, Dieu pardonnera à Cotonou ses péchés et il guérira le Bénin. Or nous croyons fermement que ce jour là, il y avait plus d’un juste à ce rendez-vous. Le dimanche, plusieurs chantres de Dieu ont répondu présents à la grande soirée de Louange et d’Adoration. La soirée a été clôturée par une prière prophétique dite par la présidente de l’Ong, l’Evangéliste Yvette Israël Kouamé Dagba avec une onction particulière. Nous sommes persuadés que Dieu a entendu notre prière. La pluie vendredi 18 février a purifié le Bénin de tout esprit de haine et de guerre en période électorale ». D’aucuns disent que le Bénin n’a pas besoin de la prière pour consolider sa démocratie. Dites-nous les retombées de ces deux jours de prières sur la nation béninoise ?
« Nous avons prié pour que Dieu donne aux candidats, comme il l'a fait à Salomon, la sagesse de diriger le peuple. Nous sommes convaincus que quelque chose va se passer au cours des élections présidentielles et législatives de 2011. La campagne électorale se passera dans l’amour et non la haine. Et les élections se dérouleront dans une ambiance festive ». Quelle est la prochaine destination de l’Ong « Louange des nations » après celle-ci ? « Nous demeurons quelques jours au Bénin pour soutenir le peuple béninois par les prières. Il y a une équipe d’une demi-douzaine de personnes qui prient nuit et jour. Nous ne sommes pas venus juste pour proclamer la paix au Bénin. Même si certains pensent que le Bénin n’a pas besoin de prière, nous nous pensons plutôt que c’est Dieu qui établit les rois. Celui qui sera Président, Dieu le sait déjà. Après le Bénin, nous préparons l’anniversaire de l’Ong « Louange des Nations » qui aura 7 ans en juin 2011. Sept, c’est le chiffre de la perfection. En plus, Août prochain, c’est la fin du jubilé. Pour ce faire, nous souhaiterions réaliser un programme bien rempli pour ces deux événements. Nous avons la conviction que Dieu a déjà fait de très grandes choses pour le Bénin. Nous reviendrons après les élections pour une action de grâce à Dieu. Ce sera l’occasion de dire merci à Dieu pour la paix qu’il aurait accordée au Bénin. Plusieurs pays africains vont passer par les urnes en 2011, aussi, nous sommes sollicités pour aller prier pour les élections apaisées dans quelques pays d’Afrique ». Vos conseils à l’endroit de la nation béninoise pour qui, vous vous êtes déplacés de la Côte d’Ivoire ! « Je dirai tout simplement que chaque béninois sache que se sont les frères et les sœurs qui constituent la nation béninoise. Ce ne sont pas des ennemis. Après les élections, la vie continue. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas eu les mêmes candidats que nous serons des ennemis. Que la paix demeure sur le Bénin, et que vive la démocratie au Bénin. Que Dieu bénisse le peuple béninois et le Bénin ». Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou (Nokoué) et Victorin Fassinou (Presse du Jour)

Œuvre sociale au Bénin : Une ONG béninoise au chevet des démunis de l’occident.

Le siège de la fondation « Zinsou » de Cotonou a abrité le 12 février dernier, une conférence de presse des membres fondateurs de l’Ong « Solidarité béninoise pour occidentaux en péril » ; afin de dévoiler les enjeux de leur initiative. Le plasticien Romuald Hazoumè et les deux comédiens Joël Lokossou et Sophie Mètinhoué sont les trois béninois qui ont désormais choisi de porter un regard d’amour envers les démunis de l’occident. Selon ces membres de l’Ong « Solidarité béninoise pour occidentaux en péril », la précarité sévit également plusieurs personnes en occident à travers le taux de chômage, les sans domiciles fixes et l’accès difficile au repas quotidien. Pour Romuald Hazoumè, président de l’Ong, il s’agit des situations difficiles qui leur ont permises de venir en aide aux occidentaux. A travers leur engagement de montrer le phénomène inverse, les membres de l’Ong « Solidarité béninoise pour occidentaux en péril » tiennent collecter les fonds au Bénin afin d’atteindre leurs objectifs. A en croire Romuald Hazoumè, la meilleure stratégie d’associer tout le peuple béninois est de choisir des icônes de la culture béninoise ; qui passeront sur des lieux précis pour collecter les fonds. Des partenaires locaux seront aussi impliqués dans cette démarche de sauver les démunis de l’occident a ajouté Romuald Hazoumè. Par Rodéric Dèdègnonhou

mercredi 15 septembre 2010

Exposition d'arts plastiques: "Fenêtre"la nouvelle installation de Benjamin Déguenon

Jeune plasticien béninois, Benjamin Déguenon se prépare activement pour exposer ses nouvelles créations à la galerie « Farafina » de Cotonou, sise au quartier Haie vive. Le vernissage de cette aventure d’arts plastiques aura lieu dans la matinée du samedi prochain en présence de plusieurs invités. Benjamin Déguenon, donne ici quelques précisions sur la teneur de cette exposition.
Du 22 au 29 mai prochain, la galerie « Farafina » sera plongée dans un décor hallucinant de questionnements, de joies et de souvenirs. Et ceci, à travers les œuvres du plasticien béninois Benjamin Déguenon, dont le style de création a connu une évolution. Unissant matériels de récupérations tels que : tôles, tissus, pointes, boîtes de conserves, peintures, acryliques, couleurs vives, bois blancs, assemblage de cuivre et d’émaille ; Benjamin Déguenon veut emporter les visiteurs dans un univers de « fenêtre ». Il s’agit concrètement, selon cet artiste d’explorer les faits empiriques pour redonner sens à certaines réalités du passé. Le titre « fenêtre », qu’il donne à cette exposition est une installation qui parle en partie de la maltraitance des enfants orphelins, déshérités, placés sous tutelles ou déplacés de guerre. A travers des poupées ligotées par des fils en relief, Benjamin exprime sa compassion envers ses enfants. L’autre partie de l’installation est consacrée à une quinzaine de tableaux sous forme d’écran où sont défilées les diverses difficultés des enfants opprimés. Par ailleurs, ce jeune talentueux de la scène des arts plastiques du Bénin a jeté un regard vivant sur les pagnes africains où les significations des dessins réalisés sur ces pagnes retrouveront leurs lettres de noblesse au cours de la cérémonie du vernissage.

mardi 14 septembre 2010

Trois questions à Claudine Bertrand, ambassadrice du Sipoef:"Le Sipoef est devenu pour moi;une seconde peau..."

D’origine québécoise, Claudine Bertrand est l’une des prestigieuses poètes invitées ; pour participer aux manifestations socioculturelles de la 04ème édition du Salon international des poètes francophones du Bénin (Sipoef). Enseignante au lycée de la poésie française et internationale de Québec, Claudine Bertrand séjourne au Bénin depuis le 16 février dernier afin d’apporter sa touche à cet évènement. Animatrice d’émission culturelle à la radio de Québec, Claudine Bertrand fait ici un tour d’horizon sur le lien entre sa personne et le Sipoef. Entretien. Claudine Bertrand, que représente le Sipoef pour vous ?
« Sourire ! C’est un évènement d’envergure internationale qui ouvre des portes sur la littérature africaine. Celle-ci est mal connue au Québec. Et du fait que j’y participe ; j’apporte quelque chose de dimensions larges lors de mes rencontres. Le Salon international des poètes francophones du Bénin est un carrefour de rencontre d’une vingtaine de poètes francophones des cinq continents. » En tant qu’ambassadrice du Sipoef, quelle est votre partition pour pérenniser cet évènement ? « Par les différentes activités et actions qu’on a mis sur pied, que ça soit au Québec ou ailleurs lors de mes voyages ; le Sipoef est devenu pour moi ; une seconde peau. Au fond, il me colle à la peau. En parcourant la littérature béninoise, Amine Laourou et moi ; nous avons décidé de réaliser une revue dénommée « Les grandes voix francophones ». Le premier numéro de la revue sera lancé mardi prochain. La revue fera l’éloge de tous les poètes qui ont participés à la dernière édition du Sipoef. Elle sera rééditée chaque année. Egalement ; la présentation des 50 ans d’histoires de la littérature béninoise sera une réalité. Il s’agit en fait là, de la diffusion et de la promotion de la culture d’ici par le biais de la poésie. De là, je pense aller à la rencontre de l’autre pour sortir de l’isolement en vue d’en parler dans les écoles, sur des chaînes de radios et de journaux. Pour moi, le Sipoef devrait être pérennisé, resté quelque chose de durable d’années en années. Il faut trouver des moyens de l’autre côté de l’océan pour y arriver avec Amine. Ce sont ces activités constantes qu’on peut organiser. Il est important que ce lien soit maintenu de façon permanente, comme le salon du livre de Montréal édition 2009 où nous avons invité Amine et Florent Couao Zotti pour représenter le Bénin autour du livre , discussions, échanges …etc. » Quel est le lien qui se prolifère entre les écoliers béninois et le poète que vous êtes ? « C’est ma 02ème fois que je viens au Bénin. L’année dernière, j’ai rencontré dans des écoles du Bénin, des jeunes très passionnés par la poésie. Il faut dire le contact avec eux a été favorisant. C’est ainsi qu’on a créé un projet en leur faveur. Intitulé « Prix Claudine Bertrand » ; le projet consistera à encourager et stimuler l’imaginaire chez les jeunes enfants. Ces derniers seront récompensés à travers leurs meilleures créations. Egalement les textes gagnants seront publiés dans la revue mouvances.ca dont je suis l’initiatrice. Il s’agit là d’inciter les écoles à faire participer leurs élèves à ce concours. » Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou

Entretien avec Dominique Zinkpè au sujet du projet d’exposition ‘’Emblèmes’’: << L’idée force de ce projet est d’essayer de traduire chaque emblème du roi à l’écriture plastique de chaque artiste… »

En marge des festivités marquant l’exposition  ‘’ Art du Benin d’hier et d’aujourd’huiDe la restitution à la révélation’’, plusieurs  projet...