mardi 7 avril 2015

Atelier de formation des jeunes plasticiens sur le thème « La liberté » au café cauris Coquillages de Togbin : « Je vois autour de moi de belles couleurs et de belles formes expressives » se réjouit Charly d’Almeida


Depuis le mercredi dernier, dix jeunes plasticiens participent aux travaux  d’un atelier de formation sur le thème « La liberté » au café cauris Coquillages de Togbin. Initié par M. Charly d’Almeida, de concert avec l’association ‘’Mibo’’, cet atelier connait l’appropriation totale des participants, suite à une descente sur le terrain samedi dernier. 


Ils sont tous à table. Regards tournés vers le formateur, M. Charly d’Almeida, les participants aux travaux  de cet  atelier de formation écoutent religieusement les orientations de leur aîné. D’autres, curieux, posent des questions afin de tirer le maximum de savoirs au cours de la rencontre. La parole est libre au cours de cet échange, qui a connu la visite de trois plasticiens : Marius Dansou, Benjamin Déguénon et Rafiy Okéfolahan. Ces derniers ont aussi enrichi les échanges à travers le partage des expériences avec les stagiaires. Ensuite, place  a été laissée aux travaux pratiques. Chaque participant est appelé à rejoindre son atelier de travail.  M. Charly d’Almeida, dans le concret,  parcourt chaque l’atelier afin d’apporter des orientations par rapport au travail de chacun. 

Parfois, il amène le stagiaire à cerner certains angles dans son travail. Il va même loin en prenant le pinceau pour agir sur le travail du participant. Il aborde ainsi, les difficultés au niveau des couleurs, l’application de la peinture et  la  préparation des toiles. De même, le trio, Marius Dansou, Benjamin Déguénon et Rafiy Okéfolahan, essaye vaille que vaille d’apporter  leur touche dans le travail de certains stagiaires. Des propositions constructives et des recommandations sont entre autres les grandes orientations qui ont meublé les travaux de ce samedi. Selon M. Charly, chaque artiste est libre  dans son atelier et  travaille sur le thème. « Je vois autour de moi de belles couleurs et de belles formes  expressives. On a encore deux ou trois jours, je crois que ça démarre bien, on leur laisse la main libre », a-t-il fait savoir. Concernant l’orientation des œuvres réalisées sur le terrain, le formation précise, qu’il visite chacun dans son atelier et regarde les tableaux. « S’il y a des incohérences, j’apporte de petites idées, je les oriente à se retrouver, à plus donner de l’équilibre au travail, au niveau couleurs et formes et profondeur. » a –t-il justifié.

 Initié par le plasticien béninois M. Charly d’Almeida, via l’association Mibo, cette rencontre intervient pour permettre aux stagiaires de maitriser les nouveaux outils relatifs au métier des arts plastiques, suivant le  concept dénommé «Cénacle expérimental ». Eliane Aïsso, Sébastien Boko, Lionel Yamadjako, Joseph Dama, Achille Adonon, Pierre Ahodoto Mahoussi, Tossou Elon-m, Constantine Gbètoho , Bello Moufy et  Sika  Da Silveira sont les dix (10) stagiaires identifiés pour suivre les travaux  d’un atelier  de formation autour du concept intitulé «Cénacle  expérimental ».  Depuis mercredi dernier, ces stagiaires sont embarqués dans une nouvelle destination pouvant les amener à cerner  les nouvelles orientées liées au développement des arts plastiques. Cadre d’échange, de création et de formation, cette rencontre sera une opportunité pour  M. Charly d’Almeida de donner certains repères indispensables pour la carrière artistique des stagiaires.  Au terme des huit (08) jours de cette rencontre, une journée de portes-ouvertes sera effective afin de permettre au public de  découvrir le travail des jeunes plasticiens le jeudi 09 Avril prochain. Toujours dans le cadre de ce projet porté par l’association Mibo, une exposition est prévue  à l’institut français du Bénin (Ifb) le samedi 11 Avril prochain. 



                             Impressions  de quelques stagiaires et le trio plasticien



Mahoussi « Je remercie beaucoup l’ainé Charly d’Almeida, qui a eu l’idée de nous mobiliser autour de cet atelier. Je vois déjà que c’est une bonne idée. Etant donné que je suis avec des amis, frères artistes comme moi,  je pense que j’ai gagné un de plus par rapport à mon travail. Parce que, c’est vrai  que je fais de la peinture, mais aujourd’hui, j’ai décidé d’explorer d’autres dimensions.  Ce qui me permet de bien m’exprimer, et en plus de parler de ce que je fais. »


Ferreol « C’est un bon atelier que Charly d’Almeida a initié au profit des jeunes plasticiens que nous sommes. Cet atelier nous permet d’échanger et de partager beaucoup de chose entre nous. C’est une initiative qui nous fait grandir dans notre carrière artistique.»



Achille Adonon « C’est une belle initiative entreprise par l’ainé Charly. Elle nous permet en tant qu’artiste de la nouvelle  génération de marcher dans les pas de nos devanciers selon leurs visions, leurs démarches. Cet atelier nous permettra  aussi de gagner un de plus. Parce que, à l’étape que je suis dans ce métier, j’ai acquiert  beaucoup d’expérience auprès de mes collègues. Je prie Dieu de donner longue vie à Charly pour qu’il pérennise cette notre initiative au profit des jeunes plasticiens »



 Boko « C’est super cool ce qu’on fait ici. C’est une opportunité d’expérimenter d’autres choses, ma nouvelle technique de travail, d’approfondir  de voir de nouvelles opinions  là-dessus et de fonctionner comme le thème l’indique liberté. Ici, je suis libre de faire ce que je veux avec beaucoup plus de canalisation et le résultat sera le plus important. Même dans la liberté, il faut savoir se libérer. »

Eliane «  C’est une bonne idée de la part de l’initiateur de ce projet. Réunir des jeunes artistes, n’est pas chose facile mais quand même, il a pu surtout des jeunes. C’est rare  au Bénin de trouver un ainé qui oriente les jeunes dans leur carrière artistique. Mais déjà, les travaux de cet atelier de formation ont bien démarré. Tout ce qu’on a demandé au départ a été libéré. Les critiques, les apports, de Charly et nos collègues sont les bienvenus. C’est même  l’idée au départ. » 



Sika « C’est  de l’émerveillement  ce que nous vivons ici. L’ambiance de travail avec les collègues est très relaxe. Chacun apporte ses idées pour le développement du travail de l’autre. J’aimerais remercier notre ainé qui a eu cette bonne idée  de nous réunir pour des séances d’apprentissage, d’échange, de partage d’expérience. C’est aussi ça, l’expérience de la carrière de toute une vie. C’est une opportunité qui nous donne une longueur d’avance sur l’avenir ».  


Marius Dansou  « Franchement ce que j’ai aimé dans cet atelier,  c’est l’ambiance, l’humilité qu’il y a, comment ça travaille sur place et tout. J’aime bien, le  partage qui se crée pendant cet atelier. Par rapport à notre aîné Charly d’Almeida qui leur donne cette opportunité de s’exprimer, Je pense franchement que c’est une chance pour eux  de s’éclater. C’est ce que je vois sur le terrain. Je vous donne rendez-vous à la restitution. Je suis aussi satisfait du choix des jeunes participant à cet atelier, parce que dans le lot , il y en a que j’accompagne bien , je veux parler de Sébastien Boko, Sika, Ferreol ».


Rafiy « Je tiens à remercier les artistes, et l’organisateur parce qu’en peu de temps, ils ont fait beaucoup de choses. Par rapport à ce que j’ai vu, il y a beaucoup de volontés et d’avancées. Ils sont à l’écoute de tout ce qui passe. Discutez avec eux, c’est un avantage. La résidence  étant en cours, les jeunes en peu de temps ont pu réaliser de belles choses même s’il y a des choses à corriger. C’est une très bonne expérience, c’est à eux de conforter et de retrouver pour équilibrer les connaissances »


Benjamin Déguénon « C’est une très bonne chose. Le Bénin ne disposant pas une école des beaux-arts, donc c’est par ces initiatives qu’on peut développer beaucoup de choses en matière des arts plastiques au Bénin. C’est une initiative qu’il faut encourager et  féliciter de manière sincère parce qu’il y a des aînés qui pensent aux jeunes. Je veux parler de Charly, qui a mobilisé ces jeunes afin d’échanger et de partager des expériences.  C’est un plaisir de voir ces jeunes qui travaillent en harmonie, qui n’hésitent pas à intervenir sur le travail de l’autre, qui n’hésitent pas non plus à proposer  des choses sur la toile des autres. Je ne dirai pas que nous, nous n’avons pas cette chance, mais ce n’était pas assez pointu. »
Par Rodéric DEDEGNONHOU




Séance lecture à la bibliothèque Mava : « Je peins des personnages qui suscitent des questionnements et débats » dixit Makef


Makef
La bibliothèque du musée de l’art et de la vie active (Mava), sise derrière l’école primaire publique centre de Fidjrossè, a abrité le 28 mars dernier, la traditionnelle séance de lecture mensuelle autour des œuvres du peintre béninois, Fulbert  Makoutodé 
Enagnon  alias Makef.  A travers cette séance, le public massivement venu, a pu découvrir autrement le talent extraordinaire  de cet artiste via ses œuvres.

L’une des caractéristiques majeures du travail de Makef est sans doute le changement constant. Chaque toile semble différente et pourtant on y retrouve les personnages ayant des traits identiques. Makef met au cœur de son travail « L’être Humain ». Privilégiant davantage, une attitude émotionnelle que rationnelle, ces différentes toiles évoquent les désirs de nature différente qu’il traite à travers  une sélection personnelle de langages. « Je peins des personnages qui suscitent des questionnements et débats » a fait savoir Makef. 
 Mais, au cœur de ces personnages, figurent des images ayant des formes, carrée, rectangulaire, circulaire, bref des formes de figures géométriques, qui selon Makef, constituent des portes  d’entrée pour explorer la profondeur humaine.  Développant une parenté entre les personnages et les images, il faut  noter que ces images deviennent des mots (ou des codes). Très proche de l’expressionnisme dans une tendance des cubistes (A travers des déformations parfois comique et étrange des personnages), la peinture de Makef traduit un  malaise interne perpétuellement en attente de devenir catastrophe externe. A partir de matériaux  tels que : Craignons, papiers, tissus blanc, colle, couleurs, châssis, l’huile ou l’acrylique, Makef emprunte des vécues quotidiennes en mettant un accent particulier sur l’HOMME. Il exprime à la fois une menace latente et une réalité désastreuse, une sensation d’inachevé et irrésolu qui évoquent une vision apocalypse.                                              
                                                         BREVE BIOGRAPHIE
Pur produit du peintre Magou, Fulbert  Makoutodé Enagnon  alias Makef est né à Cotonou, dans le département de l’Atlantique –Littoral. Comme la plupart des enfants de sa génération, il a commencé le cours primaire jusqu’à l’obtention du certificat d’étude primaire. Mais, au cours de ce cursus académique, il est  fasciné par l’art de dessiner. Reproduire les croquis et les différents schémas de ses éducateurs à l’époque était une préoccupation majeure pour  lui. Même au cours secondaire, où il a eu la chance d’affranchir le niveau de  la classe de Terminale, cette évanescence du réel n’a pas estompé. Au contraire, elle a pris une grande place dans la vie de ce jeune artiste. La rencontre avec le peintre Magou a basculé les choses. Dessiner  et peindre deviennent une passion inéluctable pour Makef. Par le biais de Magou, il a rencontré le français ZENNER, un peintre,  qui l’a également 
façonné.  A la croisée  des chemins, Makef, peintre autodidacte, a su renforcer ses capacités dans le
 domaine, à travers des  recherches  suivant  ses  états  d’âme, des formations et des stages. Tout ce
 cheminement a bâti son parcours artistique où il a désormais une écriture particulière dans le 
 domaine des arts plastiques. Des couronnements au prix du sacrifice, d’engagement, de la passion, de la persévérance,  et d’abnégation ont jalonné au fil des années sa carrière artistique. Entre autres consécrations, on peut citer : Le 01er prix du concours de  photographie, option anciennes photographies à l’institut français du Bénin en 2001, le 02ème prix d’Eveil Plastique organisé par ONG OSACE Bénin en 1998, le prix d’encouragement Art Béninois Contemporain (COE Barzio  Italie) en 1995 et enfin, le prix  d’encouragement Révélation (Ministère de la culture) en 1994. Plusieurs expositions individuelles et collectives ont été réalisées par Markef, au Bénin et dans la sous-région et même en hors du continent africain, sans occulter des ateliers de résidence. Plusieurs pays de l’Afrique  et d’Europe ont eu le privilège d’abriter des expositions de cet artiste en création permanente.
Par RODERIC DEDEGNONHOU, Journaliste à l’AGENCE BENIN PRESSE (ABP)

Résidence de création au complexe culturel ‘’Le Centre-Bénin’’ : Olga Luna et Vincent Bredif, un duo pétulant

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