lundi 10 novembre 2014

Entretien du plasticien béninois Stéphane Vlavonou alias Psycoffi: « ..L’être humain a une certaine brutalité qui est cachée et rapidement mise en scène par le visage, partout le corps en même temps, mais aussi par le sexe… »



Psycoffi
A  cheval entre le Bénin et la France, le jeune plasticien béninois, Stéphane Vlavonou alias Psycoffi sous le coach du freluquet mammouth, Dominique Zinkpè, se prépare activement pour exposer des œuvres d’arts plastiques à la ‘’Maison Rouge’’ le 14 novembre prochain. En prélude à cet évènement, qui vient ouvrir les portes de sa nouvelle carrière artistique, Stéphane Vlavonou, surnommé Psycoffi, pas, parce qu’il est  fou mais pour son tempérament, parle ici de son parcours artistique, la rencontre avec Dominique Zinkpè et le contenu de cette exposition à la ‘’Maison Rouge’’ de Cotonou.

           Quel parcours artistique peut-on retenir de Coffi ?

« Sans raconter ma vie, j’ai commencé par dessiner très jeunes,  à l’âge de 15 ans par la bande dessinée. Ensuite, j’ai suivi les études scolaires normales. J’ai essayé de devenir pro-artiste des arts plastiques, parce que,  je n’ai pas trop apprécié d’apprendre des autres artistes. Donc, je me suis mis à dessiner tout seul pendant un an. J’ai réussi à rentrer dans l’une des meilleures écoles d’animation de France, Les Gobelin. J’ai eu le diplôme national de conception et de réalisation de films d’animation. Juste après mon diplôme, j’ai eu un accident m’obligeant à faire six mois  d’hospitalisation. Ma vision est réduite de moitié. Cette aventure malheureuse m’a permis de découvrir la peinture. Je ne fais que de dessins et cela m’a permis de faire quatre années  dans la peinture. J’ai changé un peu plus le rythme de vie, parce qu’avant je travaillais dans le studio d’animation, maintenant je fais  la peinture tous les jours »

            A quelle occasion avez-vous  eu le privilège de rencontre  Dominique Zinkpè ?

«  Il faut dire que mon père habite au quartier Houéyiho de Cotonou et je suis venu au Bénin, il y a un an environ et j’ai pris place près de la plage  de Fidjrossè. Je ne savais pas Zinkpè habite presque le même quartier que moi. Mais j’ai trouvé son appartenant par hasard. Et bien pendant un an, j’ai vu Zinkpè parce qu’il est voisin. C’est récemment qu’on sait plus ou moins serrer la main. Comme j’avais exposé au Café des arts quelques toiles, il a vu un tout petit peu mon travail et il avait apprécié. On s’est vraiment rencontré depuis peu de temps. Au bout d’un an, je veux juste parler depuis l’équivalant de trois mois  que je suis rentré en contact avec lui. »

   Je crois  que l’exposition en vue à la maison rouge  le 14 novembre prochain est l’une des fruits  de cette rencontre. Et quel est votre état d’âme ?

« Mon état d’âme !!!!  Suis pas un grand artiste qui a beaucoup d’expériences. Ça fait quinze ans que je pratique le dessin et la peinture  mais en matière d’exposition, je suis un novice. J’aime bien mon travail. Exposer à la maison rouge c’est une bonne expérience. J’ai appris qu’il s’agit d’un endroit classé, reconnu, renommé et j’espère rencontrer d’autres artistes qui viendront voir mon travail et je suis content d’entrer en contact avec Dominique Zinkpè depuis trois moi qui m’a permis de connaitre la maison rouge d’exposer là-bas pendant deux semaines ».

                        Que pensez-vous  offrir aux visiteurs de cette exposition ?

« Je pense bien offrir une vision de  réplétion, sans être vulgaire ni raciste, de la race humaine  axée sur la ’’Corpulence Humaine’’. Pour moi,  l’être humain est une espèce normale qui vit sur la terre mais plus ou moins pas une maladie. Mais sans la planète qu’est-ce que l’homme est maintenant ? La particule terre qui est  cancérigène maintenant par rapport à l’être humain,  que je peux considérer un peu comme un cancer sur la particule terre  recouvrant  cette particule. Je n’ai rien contre les êtres humains et j’en fais partie, au contraire j’aime bien l’être humain. Les œuvres que je dessine ne sont pas réalistes mais c’est ce que je ressens par rapport à mes peurs, rapport à ce que je vois entre nous et j’essaye de retranscrire plus ou moins inconsciemment ce que je pense de la matière »

Une Oeuvre à exposer
                                                   

    Pourquoi le visage et le sexe connaissent une grande importance dans les méandres de  la ’’Corpulence Humaine’’ ?

« L’être humain a des sentiments assez brutal  que je trouve par rapport à l’autre  en général et par rapport à tout ce qui l’entoure. Ce n’est pas que l’être humain est mauvais  dans son ensemble. Pour moi l’être humain a une certaine brutalité qui est cachée  et rapidement mise en scène par le visage  partout  le corps en même temps, mais aussi par  le sexe. Ce n’est pas que je suis obsédé sexuel mais j’aime  dessiner, peindre ou retranscrire  l’être humain dans sa nudité. Le corps pour moi exprime beaucoup de choses même s’il  y a beaucoup de personnes qui ont une pensée complètement différente, le  corps  dit beaucoup de choses ».

                       Un mot pour clore cet entretien.

« Sans raconter ma vie toujours, je suis plus ou moins content d’avoir eu un accident, il y a cinq ans. Mais c’est ce qui m’a embué  du système du dessin que j’allais finir plus ou moins dans des bureaux à faire des bandes dessinées ou travailler sur un sujet qui ne me plaît pas du tout même si  je ne veux pas  travailler à walt Disney comme j’ai des collègues  de la même promotion que moi. Je suis vraiment content d’être entré même si tout le monde est plus ou moins artiste, il y a des choses à vivre. Je suis content de pouvoir retranscrire plastiquement parlant ce que je pense et ce que je ressens en général même si je  répète,  ma thématique  est un ressenti plastique de l’être humain en général ».

Propos recueillis par Rodéric DEDEGNONHOU, Journaliste à l’Agence Bénin Presse (ABP)   

Résidence de création des œuvres d’arts plastiques à l’espace culturel « Le Centre » de Lobozounpka : Rafiy Okéfolahan et Charly Djikou créent des œuvres à « L’épreuve du temps »


                                        (Le vernissage de l’exposition prévu pour le 13 Novembre prochain)
Charly Djikou
Même si les deux plasticiens béninois, Rafiy Okéfolahan (Peintre)  et Charly Djikou (Sculpteur de Pierre) fédèrent les énergies depuis quelques semaines pour offrir aux publics des œuvres relatives à la thématique « Houénou-Hô », cela m’en demeure pas moins vrai, que ces plasticiens se dissocient par l’audace singulière du travail que chacun tente de proposer. Rafiy Okéfolahan emprunte dans cette aventure une installation dénommée « Fô- Tô » tandis que Charly Djikou  puise dans le passé  pour raconter des récits contemporains. Passion, dévouement  et l’art de  se surpasser  constituent l’ambiance  dans laquelle, ces plasticiens  s’expriment. Descente improvisée à l’espace culturel « Le Centre » de  Lobozounpka, ce mercredi 29 Octobre 2014.
Il sonnait 15heures 41 minutes à l’espace culturel « Le Centre » de  Lobozounpka, ce mercredi 29 Octobre 2014. Malgré les rayons piquant du soleil, Rafiy Okéfolahan (Peintre)  et Charly Djikou (Sculpteur de Pierre), chacun dans son atelier de création, focalisent les attentions sur l’œuvre en cours de supplice. Rafiy Okéfolahan (Peintre)  dialogue avec sa toile tandis que Charly Djikou (Sculpteur de Pierre) donne des coups huppés à l’une de ses pierres sculptées. Dans cette ambiance de travail et de passion, des blagues fusent des deux côtés afin de détendre parfois l’environnement. Des conseils, des apports et même des suggestions entre ces deux plasticiens témoignent l’intérêt de cette résidence de création. Utilisant des médiums différents, (La peinture pour Rafiy et La sculpture pour Djikou),  ces plasticiens apprennent à se connaître, à proposer des choses convergeant à  renforcer leurs créations respectives. 
RAFIY
Dans l’atelier de Rafiy, plus d’une dizaine de toiles marquent leur présence active de par l’utilisation des couleurs vives. Laissant les pinceaux et les boites de peinture (A l’huile, acrylique, pastels  …), Rafiy confie « La finalité de mon travail est de proposer une installation intitulée ‘’Fô- Tô’’ autour de la thématique ‘’Houénou-Hô’’. Dans cette aventure, je réalise un travail axé sur les ‘’KAMIKASES DE COTONOU’’. Oui !!!! Des Kamikazes. Je symbolise ces kamikazes par les ‘’Transporteurs d’essence frelatée ‘’  qui déambulent à longueur de journée dans la ville de Cotonou. Je peins dans ce sens, au cours de cette résidence de création pour attirer une nouvelle fois l’attention de tout le monde sur ce phénomène, qui bien profitable à la  population, tue la même population en cas d’imprudence ».  Le trafic  d’essence frelaté  au Bénin, selon ses propos, interpelle tous les acteurs de la société et montre combien de fois le problème de chômage se pose avec acuité au Bénin. « Il faut réaliser un travail profond dans ce sens afin de limiter les dégâts causés par ce travail », a-t-il préconisé.  Unissant la rouille,  peinture à huile, charbon, le bois, et de vives couleurs, Rafiy emporte dans un univers  d’incendies causés par le trafic d’essence frelatée. Entre l’abstrait et le figuratif, Rafiy agit surtout les couleurs vives (Le Rouge, le jaune, le blanc, le bleu et l’orange) afin de véhiculer son message. Passionnante et édifiante, l’installation « Fô-Tô » de Rafiy laisse présager, un regain  d’engouement majeur à tous ceux qui seront à la cérémonie du vernissage le 13 Novembre prochain.   Après l’argile, le ciment, le béton, le bois et la bronze, l’actuel sculpteur de la Pierre (Granite), Charly Djikou, dans cette aventure, taille ses pierres à l’épreuve du temps. Sans s’isoler de la thématique centrale « Houénou-hô », il a surtout abordé des faits quotidiens. Par exemple, Une sculpture qui montre une ‘’Grande Gueule’’,  les ‘’Larmes de la pierre noire’’, le ‘’Personnage à tête d’oiseau’’, les ‘’Cicatrices’’  et la ‘’Vie sans l’amour’’. Pour lui, chaque œuvre sculptée raconte l’histoire du présent dans l’aisance sort du passé. Les sculptures en pierre de Charly laissent transparaître un désir d’ornement mais elles vont au-delà de cet aspect. Elles fascinent et séduisent tout visiteur en face de les contempler. A 25 ans de  carrière, Charly Djikou fait beaucoup parler de lui à travers les grands monuments et les statues des institutions privées et publiques, qu’il a pu réaliser au Bénin et  dans plusieurs  pays  du monde.

Propos recueillis par Rodéric DEDEGNONHOU, Journaliste à l’Agence Bénin Presse (ABP)  

Résidence de création au complexe culturel ‘’Le Centre-Bénin’’ : Olga Luna et Vincent Bredif, un duo pétulant

                                (Les œuvres dévoilées au public vendredi) Au lendemain de la cérémonie du vernissage de l’exposition  de...