mercredi 3 octobre 2012

Interview de Lionel Ducos, sculpteur français en résidence de création au Bénin : « .. L’amazone en question est terminée … »

Redynamiser le centre culturel « Unik lieu de création contemporaine » de la ville d’Abomey. Telle est l’une des visions de M. Dominique Zinkpè en ouvrant officiellement  les portes de ce joyau dans la cité historique d’Abomey en juin dernier. Et pour rester coller à cette philosophie, le directeur dudit centre, M. Dominique Zinkpè a convié depuis cinq semaines le sculpteur français de renommée internationale, M. Lionel Ducos pour une résidence de création. Une descente au centre culturel « Unik lieu de création contemporaine » de la ville d’Abomey , le week-end dernier a permis d’échanger sur le travail colossal de cet artiste protéiforme. Interview.

Présentez-vous aux lecteurs
Je m’appelle Lionel Ducos, je suis français. Je vis en France. Je travaille un peu partout  dans le monde entier. Je suis ici aujourd’hui pour une période de cinq semaines au Bénin sur invitation d’un grand ami, un grand artiste aussi. Il s’appelle monsieur Dominique Zinkpè. C’est entre  artiste que la rencontre s’est faite en premier lieu. C’est la raison pour laquelle  sur cette invitation, j’ai demandé à monsieur Dominique Zinkpè  ce qui lui semblait emblématique. Un personnage ou une sculpture parce que je suis sculpteur. J’ai demandé  donc qu’est ce qui semblait emblématique au Bénin comme personnage fier et noble. Et immédiatement, la réponse a été, Lionel, il faut impérativement faire une amazone. Alors une amazone de l’époque, je veux parce que les amazones existent encore aujourd’hui. Elles constituent le décor d’armée béninoise. J’ai choisi avec grand plaisir ce personnage, qui fait deux-mètres vingt (2,20m) de hauteur en terre. Puisque ma spécialité de travailler est de pétrir la terre et l’argile. Donc, je ne travaille pas seul, je suis invité à faire participer cette action des jeunes béninois et des femmes béninoises potières également. Puisqu’au Bénin, il y a une grande tradition comme en Afrique en général, il y a une grande tradition de la poterie, qui est souvent culinaire. Moi, j’utilise en grossomodo la même technique sauf que je ne fais pas de pots pour faire la cuisine. Je fais de la sculpture sur le même principe ».
 Après cinq semaines de travaux, est-ce que votre envie de réaliser l’amazone en sculpture est une réalité aujourd’hui ?  
« L’amazone en question est terminée. Il nous aura fallu…….je dis nous, puisqu’on a été trois  aventuriers  dans cette affaire, la sculpture nous a donné cinq semaines complètes y compris les samedis et dimanches. Aujourd’hui, elle est achevée et on va passer très bientôt à une  deuxième opération très délicate. C’est l’opération de la cuisson. Cette opération est faite de terre du Bénin et sera cuite au Bénin dans les toutes prochaines semaines. »
Est-ce  que les matériaux sont suffisamment réunis pour faire ce travail ?
« Ah…….Oui……… ça !!!!C’est toujours intéressant. Parce qu’évidemment, les moyens ne sont absolument pas  les mêmes  choses dans le pays où j’ai l’habitude de travailler, qui est la France. Mais en tout cas la terre est en elle-même c’est exactement la même chose. On est sur la même terre, tous ensemble sur la même planète et l’argile reste l’argile où dans quelque pays qu’il soit. On a réussi sans difficulté à remplir cette première mission, à répondre à cette recherche. Puis, après évidemment on a des difficultés à construire ce four. Puisque, le four est gigantesque et là on va changer la technique utilisée  jusqu’à présent par les femmes potières. Donc, on va changer la technique, je vais pouvoir à cette occasion apprendre  de mon côté, comment au Bénin les femmes potières travaillent et moi, je vais leur apprendre avec grand plaisir moi de mon côté,  comment je travaille. Cela veut dire que tout ça, c’est des échanges culturels ». 
Dites –nous, ce qui vous inspire à sculpter cette amazone  avec la terre malgré votre origine surtout que les traits qu’elle porte, retracent un pan de l’histoire béninoise ?
« Bien……….ce qui m’inspire à vrai dire, c’est tout simplement l’histoire. Je me suis beaucoup documenté. Parce qu’effectivement, on  a la chance de bénéficier beaucoup d’informations sur ces fameuses femmes amazones. Ces femmes amazones ont quand même laissé des traces sur trois siècles. Donc, ce qui m’inspire, c’est essentiellement les recherches historiques, un certain nombre de livres et ouvrages relatifs aux femmes amazones écrits par des intellectuels et chercheurs béninois. On a également en France, un centre d’art dénommé : les peuples premiers. Donc, j’ai beaucoup de choses  d’inspirations. Après le reste, ce personnage, c’est une invention d’artiste. Mais, je prétends qu’il n’y a pas d’erreurs historiques  dans mon personnage. C'est-à-dire que tout ceux  qui ont recouvert ce personnage, en occurrence les perles et les cauris ont un sens évidemment sans occulter de laisser des traces dans l’histoire.»
Oui, votre relation artistique avec Dominique Zinkpè.
«Alors………on s’est rencontré, il y a peu près une année en France lors d’une exposition. Lorsque Dominique Zinkpè a vu mon travail, (c’est d’ailleurs un peu réciproque), il est tombé  en admiration. Il se trouve qu’on a une grande complicité parce que Dominique Zinkpè n’est pas seulement un artiste. On s’est que Dominique Zinkpè mène énormément d’activités dans la notion d’éducation et le partage du savoir. Il a développé un centre culturel d’art contemporain à Abomey et j’ai l’honneur d’être un des  premiers invités et je trouve ça merveilleux d’être invité par un autre artiste.  Puisqu’ensemble on se comprend très facilement au-delà même de l’artistique. On se comprend sur l’aspect humain et humaniste de nos engagements. Donc, c’est une très belle complicité, une très belle rencontre, qui maintenant  va durer longtemps »
Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou, Journaliste à l’Agence Bénin Presse                    (Source www.dedegnonhou.blospot.com)

 
Au-delà de cette résidence, dont la finalité est de sculpter l’amazone par Lionel Ducos, cette œuvre sera mise en vogue  à la biennale Bénin édition 2012 au cours de la cérémonie inaugurale de l’exposition d’arts plastiques à l’Unik lieu de création contemporaine d’Abomey.  Il s’agit concrètement de faire découvrir cette œuvre aux différents invités qui vont assister à cette cérémonie où le pacte culturel entre le Bénin et la France est au beau fixe. 

Quelques notes sur l’exposition internationale la Biennale Bénin 2012
Le programme artistique de la Biennale Bénin 2012 « Inventer le monde : l’artiste citoyen» est inspiré par l’histoire, par les contextes béninois et africains et par les orientations de l’art et de ses enjeux actuels à l’échelle globale. L’exposition internationale rassemble un ensemble d’œuvres existantes et de nouvelles productions, dont certaines œuvres sont réalisées lors de résidences au Bénin. Le processus de sélection d’œuvres de la Délégation artistique se déploie pendant l’été, en dialogue depuis avril 2012 avec les artistes internationaux Adel Abdessemed, Edwige Aplogan, Aston, Ismaïl Bahri, Frédéric Bruly Bouabré, Gabriella Ciancimino, Nestor Da, Adrian Missika, Raqs Media Collective, Ebtisam Abdul Aziz, Tomas Colaço, Pélagie Gbaguidi, Dor Guez, Camille Henrot, Meschac Gaba, Dominique Zinkpè, Otobong Nkanga, Syl Pâris Kouton, Younès Rahmoun, Tchif, Jean-Paul Thibeau, Cyprien Toukoudagba, Vincent+Feria et d’autres..

Organisation de la biennale Bénin édition : Jean –Paul Monchau et Jean –Michel Abimbola optent pour le même choix

 
             (Le ministre cloue le bec aux détracteurs du consortium)                
 Malgré les agitations stériles  des détracteurs du consortium de la biennale Bénin, l’Ambassadeur de la France près le Bénin, M. Jean –Paul Monchau et M. Jean –Michel Abimbola, ministre en charge de la culture ont opéré un choix judicieux pour le bonheur des artistes contemporains. Les deux personnalités ont sans ambages porté leur éventail sur le consortium de la biennale Bénin. Mieux, M. Jean –Michel Abimbola a sorti la semaine écoulée, un arrêté ministériel relatif à la nomination de M. Dominique Zinkpè au poste de directeur exécutif de la biennale Bénin édition 2012.

Même si des antagonistes du consortium de la biennale Bénin savent pertinemment qu’une « Seule hirondelle ne fait pas le printemps » et qu’ils se permettent le luxe de faire seul leur printemps, les carottes sont d’or et déjà cuites pour eux. Ils sont visiblement l’ombre d’eux-mêmes. Et pour cause, M. Jean –Paul Monchau et M. Jean –Michel Abimbola, ministre chargé de la culture optent désormais pour le même choix. Les deux personnalités ont prêté mains fortes au consortium de la biennale Bénin, pour l’organisation de la biennale Bénin édition 2012, du 08 novembre au 13 janvier2013. Le jeu n’en vaut pas la chandelle au niveau des camps adverses, qui cherchent à  semer la confusion dans l’esprit du peuple béninois. Selon des sources  proches du consortium de la biennale Bénin, le soutien sans faille de ces deux personnalités vient relancer la bonne organisation de la biennale Bénin édition 2012. Ce  soutien, a-t-on appris, situe à jamais le peuple béninois et  les partenaires locaux et étrangers à choisir le bon grain de l’ivraie. Et pour clouer le bec aux contradicteurs, M. Jean –Michel Abimbola, ministre chargé de la culture a sorti la semaine écoulée, un arrêté ministériel relatif à la nomination de M. Dominique Zinkpè au poste de directeur exécutif de la biennale Bénin édition 2012. Désormais, M. Dominique Zinkpè prend la direction générale de la biennale Bénin édition 2012. Il a pour mission de réussir la biennale malgré toutes les difficultés. La polémique autour de la biennale Bénin est conjuguée au passé, puisque, la seule structure  crédible et reconnue par l’Etat béninois  d’organiser la biennale est le consortium. « Les bruits de la mer n’empêchent pas les poissons de dormir ». Cette  philosophie doit être le point fort de M. Dominique Zinkpè pour réussir la biennale Bénin.

Présentation des projets spéciaux et activités de la biennale Bénin édition 2012
Le lieu choisi pour l’exposition se transforme d’un espace commercial vers un lieu de rencontres et d’échanges artistiques. Tandis que l’exposition internationale est organisée au Centre Kora, un ancien hypermarché transformé pour l’occasion en lieu culturel, des projets spéciaux sont coproduits avec des collectifs d’artistes et des institutions culturelles locales et internationales.
Les Projets Spéciaux associés à cette édition de la Biennale, sélectionnés à partir de propositions actives au Bénin, s’inscrivent dans la logique d’une implication fondamentale de l’artiste dans la Cité, avec une dimension amplifiée de création d’espaces de rencontres inventés par les artistes eux-mêmes, individuellement ou en collectivité. Le projet MAVA de Mechac Gaba et le projet Boulev’art initié par Dominique Zinkpè sont des projets porteurs de l’idée de l’artiste dans la Cité.
Les projets spéciaux de la Biennale Bénin 2012 sont :
Bibliothèque Résidence
Musée de l’Art et de la Vie Active – MAVA
Le projet MAVA, Bibliothèque Résidence se décline en deux activités : la première, est une bibliothèque constituée d’ouvrages d’art provenant du Musée d’Art Contemporain Africain de Meschac Gaba et d’institutions telles que le Centre Georges Pompidou. La seconde une Bibliothèque Roulante fait appel aux zémidjans, célèbres taxis-motos du Bénin. Les zémidjans portent des textes extraits des ouvrages d’art de la Bibliothèque Résidence. Ce projet se veut ainsi un moyen de connexion entre les habitants de la ville, l’art et son histoire.
La Porte du Retour en couleur
Association pour la Promotion de la Jeune Création en Arts-Plastiques
La Porte du Retour en couleur est une œuvre monumentale et architecturale collective réunissant une vingtaine d’artistes, guidés par Philippe Abayi. Elle consiste en la mise en perspective de la Porte du Retour symbolisant la foule venue accueillir ses frères de la diaspora. Elle est installée sur l’esplanade de la Médiathèque des Diasporas à Cotonou. 
 Résistances Itinérantes
Unik, lieu de création contemporaine
Résistances itinérantes est un projet d’expositions d’artistes internationaux reconnus - Barthélemy Toguo, Freddy Tsimba, Lionel Ducos- et d’artistes issus de la nouvelle scène contemporaine locale, s’inscrivant dans des lieux du patrimoine historique tels que le Palais Royal d’Abomey. Un parcours hommage dans la ville est proposé à travers l’oeuvre de Cyprien Tokoudagba pour aborder les différents lieux de son intervention artistique.
Résistances Itinérantes se propose d’être le fil rouge d’une exploration d’oeuvres qui convie le spectateur sous l’angle de l’échange et des convictions partagées, autour de la nouvelle et de l’ancienne génération d’artistes.
Mémoire d’une Biennale
Afrikaada-Africadoc Bénin
Mémoire d’une Biennale retranscrit le dialogue entre l’artiste et les mondes autour de lui à travers des ateliers de formation à la critique d’art et à l’écriture documentaire. Les expositions propos proposées dans le cadre de la Biennale Bénin sont les lieux d’expérimentation des étudiants en journalisme ou en art, des professionnels de l’audiovisuels et de la presse et des amateurs du monde de l’art contemporain. Des rencontres professionnelles, des ateliers de rédaction et de réalisation donneront lieu à un magazine et une collection de pastilles documentaires sur les artistes et leur regard décalé sur leur cité et la vie de ses habitants.
Optiques Transversales (suite)
Association des Critiques d’Art du Bénin
Optiques transversales (suite) propose à des photographes africains, notamment Eric Ahonou, Charles Placide Tossou, Clovis Agbahoungba, d’interpréter certains des plus grands tableaux de l’histoire de l’art occidentale. Il ne s’agit de reproduire ces chefs-d’oeuvre en question, mais de les réinventer à partir d’éléments authentiques locaux. C’est un exercice d’esthète qui met en lumière la créativité des photographes, leur sens de composition, leur goût de la mise en scène, leur capacité à s’approprier des langages artistiques d’autres genres et d’espaces culturels différents pour en faire des compositions nouvelles. Le dialogue ainsi établi se décline à tous les niveaux : entre artistes, entre cultures, entre époques, entre genres... Une transversalité totale.
La Débrouille
Vakpo
La Débrouille propose à la population de regarder «les marginaux» avec un autre regard, celui d’un artiste qui met en exergue les morphologies différentes, via des créations et la production d’une esthétique désignée en collaboration avec les artistes Marius Dansou, Sébastien Boko, Sophie Négrier et Nathanaël Vodouhè. La Débrouille met en place plusieurs ateliers de création -stylisme, peinture, sculpture- destinés à un public handicapé. Les productions font l’objet d’une exposition dans une boutique au Centre Kora.
Waba 2 Elowa
Waba propose pour cette deuxième édition, l’ouverture au public des ateliers d’artistes à Cotonou, Abomey et Porto-Novo tels que Rafiy Okefolahan, Totché, Benjamin Déguenon, François Zansou, Méhomez, Romuald Mévo Guézo etc. C’est aussi l’occasion d’un échange avec des artistes internationaux qui mettent l’accent sur le graff, dont des expositions et des performances nocturnes animent le voyage prévu pour la semaine d’ouverture de la Biennale.
Le Carrefour des Arts du Bénin
Fédération des Artistes Plasticiens du Bénin
Le Carrefour des arts du Bénin propose une grande exposition regroupant une trentaine d’artistes plasticiens béninois dont Hervé Alladayé, Thierry Gansa, Ghislain Fadohan, Nok, Thierry Oussou… à la Médiathèque des Diaspora à Cotonou. Elle est ponctuée par des rencontres et des performances proposées par des collectifs d’artistes.
Dérive connectée
Bénin Connexion
Dérives Connectées est une appropriation de l’espace urbain à travers une exploration indéterminée de la ville. Cette dérive d’un groupe dans la ville de Cotonou est connectée à celle d’un autre groupe situé à Vienne, et permet une écriture poétique de la ville. Dérive connectée est donc une exploration « virtualisée » de la ville en tant qu’espace urbain.
Artiste créateur d’espaces, artiste producteur
Espace Tchif
L’Espace Tchif accueille des rencontres et discussions autour des questions de création d’espaces pour l’art dans la cité. Nous assistons à plusieurs initiatives d’artistes et d’intellectuels qui créent des espaces indépendants sur tout le continent africain. A quoi répondent ces initiatives ? Quels sont les moyens et quelles méthodologies pour faire vivre ces espaces et pérenniser leurs actions dans un contexte de crise globale? Ce programme comporte notamment des mini-ateliers d’expérimentations artistiques qui sont relayés par la radio de la Biennale Bénin. Par ailleurs, un certain nombre d’activités existantes ou en projets, est identifié et documenté par l’équipe de recherche et les experts invités par la Biennale Bénin. Ces activités sont répertoriées par la Délégation Artistique et les commissaires invités.


Résidence de création au complexe culturel ‘’Le Centre-Bénin’’ : Olga Luna et Vincent Bredif, un duo pétulant

                                (Les œuvres dévoilées au public vendredi) Au lendemain de la cérémonie du vernissage de l’exposition  de...