vendredi 4 mai 2012

« Réalisation d’un système d’information multimédia pour l’inventaire du patrimoine immatériel » : Le projet désormais mis en route

  L’auditorium de l’institut français de Cotonou a abrité hier jeudi, la cérémonie du lancement officiel du projet dénommé « Réalisation d’un système d’information multimédia pour l’inventaire du patrimoine culturel, naturel, matériel et immatériel du Bénin ». C’était en présence de plusieurs invités dont le coordonnateur du programme société civile et culture (Pscc), que le dudit projet, M. Armand Ologoudou et M. Richard Sogan, directeur du patrimoine culture (Dpc) ont donné le top des travaux du projet.
Dans neuf(09) mois exactement, le Bénin disposera désormais un portail culturel  fournissant des informations relatives au patrimoine culturel. Et ceci, à travers le projet dénommé « Réalisation d’un système d’information multimédia pour l’inventaire du patrimoine culturel, naturel, matériel et immatériel du Bénin ». Les activités de ce projet ont  été officiellement lancées jeudi dernier en présence d’un parterre d’invités. Sélectionné et soutenu financièrement par le programme société civile et culture (Pscc) du Bénin, ce projet ambitionne créer un fichier national d’inventaire du patrimoine  culturel immatériel du Bénin dans le but de sauvegarder et de conserver le patrimoine culturel du Bénin, en s’appuyant sur les acteurs du comité scientifique culturel à savoir : historiens et sociologues sans occulter des acteurs de l’école du patrimoine africain (Epa).
Selon M. Armand Ologoudou, initiateur du projet et directeur de la société « 02 multi- services », la principale visée du projet est de doter la communauté culturelle du Bénin d’un outil moderne aux fins d’inventaire du patrimoine  culturel du Bénin ». Pour  M. Armand Ologoudou, la création d’un système d’information et l’identification des groupes ethniques les plus représentatifs du Bénin constituent les deux principales étapes majeures du projet.
La première étape permettra de documenter, d’indexer et de préserver le patrimoine immatériel de six (06) départements  du Bénin, tandis que la deuxième identifiera les formes d’expression du patrimoine culturel immatériel qui sont propres aux traditions du Bénin.
Après avoir rappelé ce projet culturel  fait partie des 20 ciblés, M. Alain Bruneteau, coordonnateur du programme société civile et culture (Pscc) a noté qu’il s’agit d’un projet créatif et innovateur qui fait un lien entre le passé et le futur. Toute fois, M. Alain Bruneteau  a invité les acteurs dudit projet réfléchir sur l’après financement du projet à travers la mise en place  d’un mécanisme de suivi. En soulignant que le projet n’a pas pour objet de se substituer  aux actions entreprises dans le domaine des inventaires  du patrimoine culturel, M. Armand Ologoudou a rappelé  qu’il s’agit plutôt de les fédérer au sein d’une formidable base de données multimédia capable notamment de constituer des dossiers thématiques, de créer des itinéraires culturels, d’héberger  des programmes e-learning. C’est avec une grande émotion que M. Richard Sogan, directeur du patrimoine culture (Dpc) a accueilli le projet et confie que tous les acteurs de sa direction sont disposés à fournir des informations utiles afin de participer à la réalisation dudit projet.  A noter que la « réalisation du système d’information multimédia pour l’inventaire du patrimoine culturel, naturel, matériel et immatériel du Bénin » a démarré depuis deux mois et prendre fin le 01er février 2013. 

Critique du spectacle de théâtre « Ayiti » : Tristesses, émotions, douleurs, et espoirs

L’haïtien Daniel Marcelin emporte les spectateurs de l’institut français de Cotonou dans une glèbe de « Tristesses, émotions, douleurs, et espoirs », à travers la représentation théâtrale «Ayiti» qu’il a exhibée le 01 er Avril 2012, en marge des festivités de la 11ème édition du Fitheb.

Sur un plateau noir, pendrillonné à l’italienne où sont posées une série de valise qui cachent un petit podium, Daniel Marcelin plonge les uns et les autres dans son spectacle de « One men show ». Très physique et formé au mime, l’acteur Daniel Marcelin commence par retracer l’histoire d’ haïti dans une certaine crispation. Il exprime sa tristesse, sa désolation et son amertume face au séisme survenu à Haïti le 12 Janvier 2010. Alors qu’il était en Belgique deux jours avant ce fameux tremblement de terre, Daniel Marcelin captive le regarde des spectateurs sur son angoisse d’entendre la mort de sa petite famille et ses proches. Avec une énergie débordante, Daniel Marcelin expose ses lamentations de faire quelque chose pour sauver Haïti de ses décombres alors qu’il ne pouvait rien. Heureusement que le téléphone de sa chère épouse sonna. La nouvelle portée est que tout le monde se porte à merveille sauf que ce pays appelé jadis « L’île Hispaniola » par Christophe Colombe en 1492 est en état de ruine. Cette information a permis à l’acteur Daniel Marcelin d’adoucir sa tristesse dans la mesure où sa petite est saine et sauve.
Parlant des émotions, le « One men show » a rappelé des moments glorieux  où d’Haïti  produit 80% du sucre dans le monde. Avec une main d’œuvre de 30 mille blancs et 50mille d’esclaves, Haïti était parvenu à se hisser au palmarès des échanges commerciaux avec une participation d’un tiers du commerce mondial de la France. Daniel Marcelin a fait rêver les spectateurs sur les beautés et richesses méconnues de son île Bienvenue en Haïti, la violence au paradis, la douceur antillaise au goût amer, voisine de la paradisiaque Saint Domingue pour touristes « all inclusive ».
La facette de douleurs de l’acteur Daniel Marcelin apparait sur scène quand il a abordé l’Haïti à l’ère des indépendances. Il s’agit de la  période chaude de grandes tumultueuses à savoir des coups d’Etat, les pillages des biens publics, la soif du pouvoir à vie avec une dictature amère.  Au rythme des dictatures, ponctué de quelques périodes plus fastes, Daniel Marcelin, celui qu’on surnomme à raison le Fernandel Noir, a raconté de l’intérieur, et avec une bonne dose d’autodérision la soupape humoristique plus que nécessaire dans ce contexte. Daniel Marcelin a pris le soin de bien creuser le passé politique d’Haïti en situant les bouleversements enregistrés depuis  pères fondateurs du pays. Le public a retrouvé des sourires quand il a parlé du règne des Duvalier au Castro en passant par d’Aristide.
L’espoir que ce pays réside dans la culture. Dans cette perspective, l’acteur Daniel Marcelin a dit  que  « L’art est tant une bouffée d’oxygène, qu’un lieu de point de vue, de rassemblement,…pour un peuple opprimé, le dernier bastion pour dire qu’il existe et est encore debout ».
Rédigé par Philippe Laurent et Daniel Marcelin, le spectacle « Ayiti » est une coproduction de la charge du Rhinocéros, de l’espace Magh avec l’aide de Wallonie Bruxelles international. Durant 1heure 25 minutes sans entracte, Daniel Marcelin a mis en scène un spectacle beau et riche  sous l’éclairage et la sonorité respectif de Xavier Lauwers et de Marc Doutrepont.
Par Rodéric Dèdègnonhou, Journaliste à l’Agence Bénin Presse

Interview exclusive de Pitz Hermann « ….Meschac Gaba s’est hissé sur le plan international grâce à la qualité du travail qu’il accouche …»

Résident à Munich, Pitz Hermann  séjourne depuis quelques jours pour s’imprégner des réalités culturelles et artistiques sur invitation du plasticien béninois de renommée internationale, Meschac Gaba. A travers une interview, Pitz Hermann, professeur d’art  et artiste plasticien fait ici un tour d’horizon sur les raisons de sa venue au Bénin sans occulter de souligner qu’il ambitionne développer des projets artistiques au Bénin. (Réalisée depuis Février 2012)
Nokoué : Déclinez- nous les raisons de votre venue au Bénin ?
Pitz Hermann : « Merci. Je vous signale que je suis venu au Bénin pour la première  fois. Deux raisons situent ma visite au Bénin. La première est de sonder le terrain pour toucher du doigt les potentialités culturelles du pays. La deuxième est de préparer des cours d’enseignements aux artistes plasticiens par le biais d’un projet que Meschac Gaba et moi, nous voulons développer ».
Cela fait cinq jours que vous êtes au Bénin, quel est le bilan du travail déjà effectué ?
«  Pour le moment, j’ai effectué des visites officielles. J’ai rencontré les autorités des ambassades, représentants  du ministre de la culture et des organisations  qui accompagnent les projets culturels. Le reste du séjour sera consisté aux visites des espaces et lieux  de créations contemporaines  et enfin des ateliers de plusieurs plasticiens »
Votre rapport de travail avec Meschac Gaba.
« Cette relation existe, il y a de cela 15 années. Au début j’étais le professeur du plasticien Meschac Gaba à Amsterdam. Après ses études à l’Académie d’Amsterdam, nous avons commencé par travailler ensemble »
Quelle appréciation faites-vous de son art ?
Comme professeur, je suis fier de voir mon étudiant devenir un grand plasticien. Meschac Gaba a évolué dans ses créations arts contemporains. On sent de la variété dans ses œuvres. Meschac Gaba s’est hissé sur le plan international grâce à la qualité du travail qu’il accouche »
Pensez-vous créer  un projet au Bénin ?
« Oui. Depuis dix années, Gaba et moi, nous sommes entrain de mûrir une réflexion autour d’un projet dénommé « Musée des arts et de la vie active »(Mava). Il s’agit pour Meschac Gaba de déclarer la ville de Cotonou de comme musée à travers ce projet. C’est un projet que nous allons démarrer d’ici peu »
 Avez-vous réalisé des expositions au-delà de votre titre professeur d’art ?
« Sourire ………..Oui  assez. On peut parler par exemple  des expositions de la documenta,  des jeux olympiques, les arts contemporains dans plusieurs musées  et même à Botswana en Afrique ».
Vous citez le Botswana dont cela suppose que vous avez eu la chance d’exposer dans plusieurs pays africains ?
«  Non. C’est seulement le Botswana. Au fait, j’ai réalisé une exposition en Egypte, il y a de cela dix années. Mais je côtoie beaucoup d’artistes plasticiens  africains  qui travaillent en Europe»
Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou  

Résidence de création au complexe culturel ‘’Le Centre-Bénin’’ : Olga Luna et Vincent Bredif, un duo pétulant

                                (Les œuvres dévoilées au public vendredi) Au lendemain de la cérémonie du vernissage de l’exposition  de...